14 juillet 2009
"Ain't No Other Man" - Christina Aguilera
Au fond de moi, j'espérais tout de même une surprise, même minime. L'un des instants les plus perturbants fut sans doute celui où nous devions tous nous retrouver pour partir ensuite en voiture. Durant ces quelques minutes de silence, un nœud se forme en moi mais je tente de me calmer à voix haute. Ça ira... Je ne savais pas comment réagir face aux chansons qu'émettait l'autoradio ; de quelle façon me comporterais-je dans une heure si je les entendais à nouveau ? Et puis tout va très vite, finalement. Une fois le hall franchi, j'accélère le pas et me tourne du côté gauche. Beaucoup de noms d'affichés et de personnes agglutinées autour. Je tente de me frayer un chemin en direction de l'une des dernières feuilles sur laquelle je trouve immédiatement mon prénom. A côté, un "AB" en caractères gras, la voilà ma surprise.
Sinon, je meurs de soif et espère ne pas voir le moindre chiffre entre parenthèses. J'ai très envie d'aller me chercher une bouteille d'eau, mais le geste risque d'être risqué étant donné l'heure avancée.
28 mai 2009
"Take This Bottle" - Faith No More
Me voici en ce moment dans mon lit.
Endroit sûr et apaisant, endroit fermé.
Je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens, et pourtant j'en ai besoin, tout a besoin de sortir en ce moment... Je sens mon agacement sans cesse grandir à force de passer mes journées, ainsi que mes nuits, ici. J'en ai assez de me lever le matin et de constater que l'appartement n'est pas vide. De revenir l'après-midi et de ne pas pouvoir me mettre sérieusement au travail à cause des voix que j'entends sans cesse. J'en ai assez de me voir aller toujours plus mal, bien que je sois à des années lumières de ce que l'on appelle la dépression, et de voir que l'on est incapable de me rassurer et d'être un poil moins dur. Je désespère d'attendre ce fichu examen qui, je l'avoue, me fait peur comme m'indiffère. De remarquer comme leur système est mal fait et que j'aurais du rester chez moi plutôt que de me rendre à un pseudo-cours qui ne m'était, en réalité, pas adressé. Je voudrais passer mes jours hors d'ici et pouvoir raconter ma vie autrement que par les méthodes dont j'use en ce moment. J'ai envie d'aborder mes questions existentielles et parler de sujets plus importants que ceux rencontrés quotidiennement au lycée. J'en ai marre de vouloir bousculer les choses tandis que d'autres en restent au point mort. Marre également de ma soif de lecture que je n'arrive pas à assouvir, mon cerveau ne voulant apparemment pas se concentrer sur le moindre texte. Je voudrais que certaines personnes s'abstiennent de me donner de leurs nouvelles et ne s'obstinent plus à vouloir "rompre la glace". J'apprécierais être à nouveau franche, mais je pense qu'un "je n'ai pas changé" de ma part ne suffirait pas... Ça va un peu mieux finalement. Je crois qu'écrire me soulage.
25 mai 2009
"Burning Down the House" - Talking Heads
Toujours pas d'orage... Le temps est étouffant.
Vision d'un temps dévastateur qui n'arrivera pas.
Je suis sans cesse fatiguée, parfois à la recherche de gestes ou de paroles apaisantes, fréquemment lassée du présent mais peu rassurée de certains changements, souvent heureuse de me sentir en vie. J'aimerais pouvoir être rassurée pour de bon. Je saurai m'effacer quand on me le demandera et être plus tolérante. Je n'aime pas le soleil. J'ai l'impression de ne plus croire en rien, et je ressens quelque part une certaine angoisse, comme s'il était nécessaire à notre époque de croire en quelque chose (ironie). Je me souhaite le meilleur pour les quelques mois à venir, que ce soit au niveau du travail ou de mes vacances. J'accepte finalement un peu mieux l'ennui ; comme disait l'autre : peut-être est-ce cela la solution qui sauverait le monde.
Soyez francs, je vous prie...
Maintenant que j'entends le vent.
18 mai 2009
"Good Girls Love Bad Boys" - A Bigger Splash
Et tout le monde s'en fout.
L'affection sera toujours portée sur les autres. C'est bien dommage, j'aurais aimé en profité, moi aussi.
Je pourrais très bien lancer en l'air cette phrase pourtant familière à tant de personnes, "je n'en peux plus", mais elle est tellement loin de la réalité. Que je sache, je ne suis pas entrain de toucher le fond. C'est juste que... Je me sens redevenir l'objet inutile, la personne que l'on met temporairement de côté en croyant que cela ne m'atteint pas. Et pourtant, j'attends depuis l'été dernier, désespérément. Peut-être est-ce ridicule de le dire, mais j'ai besoin d'affection. Entendre par là que je ne suis pas une fervente adoratrice des relations collantes et mièvres avec les gens qui m'entourent, mais simplement une personne cherchant à voir qu'elle n'est pas seule et que l'on ne la considère pas comme acquise.
Je voudrais tant pouvoir faire changer les choses et commencer une véritable émancipation. La chose n'est pas encore faisable à l'heure actuelle, néanmoins, je suis prête à avancer et à bousculer mes habitudes ; choses dont j'aurais été incapable il y a peu de temps encore. J'aimerais que l'on veuille me suivre, que l'on sache que j'ai continué à grandir et que je suis capable de concessions pour aller de l'avant. Je me suis calmée sur beaucoup de faits et laisse passer certains détails beaucoup plus facilement qu'auparavant. Aussi, j'ouvre les yeux et me rends compte que ce à quoi je cours est finalement très simple : je souhaite de la stabilité, de la sûreté, afin d'avancer à nouveau sereinement. Qu'il y ait un doute, je n'y vois aucun soucis majeur. Mais que l'on m'en informe de sorte que je ne perde pas mon temps... J'ai envie de bouger (bien).
13 mai 2009
"The Blossoms" - Badly Drawn Boy
Ici s'installe l'odeur de viande périmée. J'ai vu le sang s'étaler autour de la barquette ; un cheveu s'y était retrouvé coincé. Tout était d'un sinistre déconcertant... Et pourtant, la lumière arrive doucement et les paysages ont su se faire rassurants lorsque je me suis rendue à cette boulangerie.
En ce moment, je m'embête un peu dans ma vie, mais je suis capable de faire abstraction de cela.
01 mai 2009
"Kaze Wo Atsumete" - Happy End
C'eût été bien de revivre des moments similaires. J'ai toujours en tête des balades étranges et colorées, ponctuées par le son et les murmures de la ville. La nuit arrive doucement et les effluves des restaurants voisins rendent l'atmosphère tout de suite plus festive. On sent la joie nous gagner peu à peu ; certains cherchent à la provoquer avec l'aide d'artifices. Je suis alors loin du faux, du vieux, du laid... De la lâcheté et de l'hypocrisie, également. Il ne me reste alors plus qu'à rentrer chez moi dans l'un de ces quartiers à l'américaine, et retourner au lycée pour jouer la misanthrope et rire intérieurement des quarterbacks.
27 avril 2009
"Busta's Lament" - A Tribe Called Quest
Les habitudes reviennent doucement ; certaines sont comme ces quelques fragments que l'on avait oublié de ramasser. Ainsi, je suis surprise de constater comme il est facile de mettre sa vie en second plan en l'espace de même pas deux semaines lorsque l'on quitte le quotidien, ainsi que les contraintes qui vont avec.
En tous les cas, je pense être restée raisonnable et ne pas avoir perdu mon temps en idéalisant sans cesse les choses dans le but de me rassurer. Pas besoin de cela, non. Au contraire, certains faits apaisants m'ont laissée dans un état quelque peu serein.
C'est ce qui me pousse, notamment durant ce genre de soirées calmes, à m'imaginer moi aussi à bord d'une vieille voiture pour naviguer vers je ne sais où. Souhaitant toujours (presque) tout envoyer en l'air pour faire le vide et profiter du paysage... Et abandonnant ainsi des choses considérées désormais comme mortes ; telle cette ville qui m'inspire à certaines heures une exaspération des plus profondes.
26 avril 2009
"Des hommes pareils" - Francis Cabrel
C'est un peu nul de rentrer chez soi.
Passée du polychrome au noir et blanc en pensant à tout ce qui allait arriver. Je ne réalise pas encore à quel point je joue ma vie sur beaucoup de points en ce moment. Mais je ne suis toujours pas tombée.
06 mars 2009
"Everything is Everything" - Lauryn Hill
Et tout cela me fait quand même bien mal au cœur.
Je ne pense pas avoir les bons mots pour décrire ce que je ressens.
27 février 2009
"Queer" - Garbage
Cela m'exaspère. J'aurais voulu pouvoir sortir prendre l'air afin de voir de nouvelles choses, mais il fait trop froid et je risque de les réveiller. Point à la ligne. Je crois que tout s'amplifie sans cesse dans mon esprit, même les choses qui ne devraient pas l'être, et c'est justement ce "défaut de fabrication" qui me rend aussi irritable quand il est très tard. Quand parlera-t-on de moi ? Quand dira-t-on enfin : j'ai passé mon après-midi avec elle... / elle, pense que... / elle, a l'habitude de... / etc. ? Car au lieu de cela, je vois que beaucoup ne me connaissent pas et ne m'accordent aucune importance. Certains trouveraient alors à dire que réfléchir dans ce sens ne mène à rien pour un tas de bonnes raisons ; mais sérieusement, pourrais-je réagir autrement alors que je constate que je n'existe pas ? Je n'aime pas que l'on me parle de vieux démons qui ressurgissent ; car lorsque tout va bien et que je ne suis pas là, parle-t-on de moi ? Absolument pas. Tous ces mails décousus me manquent, ces jeux innocents où j'avais le sentiment d'être la plus adulte, la plus éloignée. Je rêve que l'on se mette un jour à penser à moi et à se dire que telle ou telle chose serait susceptible de me plaire. Mais pour l'instant, je me laisse envahir par ce léger sentiment de solitude ; je vois bien que je ne suis pas si "importante" et qu'aucun cadeau ne sera au goût du jour.
Cette nuit, je me rappelle avoir fait plusieurs rêves dont je ne me souviens quasiment plus. Parmi eux, un songe dans lequel je devais présenter l'un de mes projets vidéos. Mon objectif avait été de tourner une séquence d'épouvante, et je me revois entrain de présenter mon travail à mes amis en même temps que nous étions entrain de le regarder. Le plus étrange est que je semblais découvrir les images en même temps qu'eux, mais parvenais à les expliquer et à leur trouver un sens. Premier plan : une pièce blanche, vide. Le sol est recouvert d'un carrelage noir et en face se trouve une porte de couleur rouge ; on se croirait dans les vestiaires de la piscine de ma ville. Puis tout d'un coup, c'est la panique, quelque chose est à notre poursuite (dans ce rêve, nous regardions la vidéo mais nous étions dedans en même temps), une sorte de monstre. Je ne m'attarde pas sur la description de la bête et continue de commenter ce qui se passe. Nous ouvrons la porte et atterrissons dans une pièce presque identique dans laquelle se trouve cette fois-ci trois portes de la même couleur. Nous nous hâtons et courons vers une porte au hasard pour atterrir à nouveau dans ce même type de pièce. Cette fois-ci, les pièces ressemblent à des douches collectives. Il y a toujours ces portes rouges et nous ne savons où aller. Cette course devient un véritable cauchemar, nous sommes comme dans un labyrinthe. Soudain, je m'entends dire : "Il s'agit de douches, nous sommes dans un camp de concentration". Réveil.
